D’aucuns auront constaté mon mutisme prolongé et conclu avec une rare clairvoyance que leur banalité jupitérienne et le caractère accessoire de leur existence étaient les causes premières de la non-présence de mon verbe magnanime en ces lieux nauséabonds. Or un récent scandale m’oblige à élever la voix contre les ramparts têtus de l’intolérance et de la barbarie de bas niveau. Vos intellects récalcitrants auront compris que je me porte à la défense du héraut du 1820 Rosemont.
Le scénario n’a rien d’étonnant même s’il attriste l’âme de l’esthète. Dans une mare informe de trivialités sans portée une rafraîchissante nouvelle plume s’impose et pourfend avec esprit l’injuste et l’odieux et trouve pour seul écho le raz-de-marée ostracisant des forces de la réaction. Qu’à cela ne tienne l’artiste résiste et ses salves éloquentes ne cessent leur pluie cinglante et confondent à grands coups de subtilité l’ahuri moyen qui ne trouve d’ailleurs pour seule réponse qu’une honteuse menace de censure.
Il va sans dire que je m’inscris en faux contre ce hideux délire autoritaire et c’est pour éviter toute tournure fâcheuse des événements que je prends l’initiative d’ériger ce temple protecteur pour G. Roberge. Dorénavant c’est dans l’humble synagogue ci-dessous que seront regroupés les vers délicats du poète et pas même le plus mesquin d’entre vous n’arrivera à les en déloger. J’ai dit.
Ed Pochourson vend des patates chaudes au coin Parc/St-Denis et dirige l'Orchestre Symphonique de Montréal. Dernières publications : Séance de questions préalable à la publication du rapport annuel Pochour.com, L'envers de la peau neuve et La vengeance de la patate chaude. Voir tous les articles par Ed Pochourson