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Deuxième tournée

par Mister Boy

La deuxième fois, on se dit qu’on va être mieux préparés, qu’on en a vu d’autres, que cette fois on sera sage sur les heures de coucher, l’alcool et le reste mais tout ça c’est parce qu’on oublie vite l’intensité et l’euphorie démesurées de la tournée !

Tassez-vous de l’là! « Hommage aux Colocs »
6 gars dans un truck de location.
5 jours.
4 shows.
250 bières et shooters.
Heure moyenne du coucher : 4h00.
Trajet : Montréal, Sherbrooke, Lac Mégantic, St-Fulgence, St-Félicien, Montréal.
1500km de route.

Mais assez de statistiques, allons voir de quoi il en retourne dans le concret.
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20 juin. La veille du départ.
Notre tromboniste nous avise vers 18h00 qu’il ne peut pas faire la tournée mais qu’il a trouvé quelqu’un pour le remplacer, « suber » dans notre jargon. Le gars a déjà « subé » à l’OSM alors inquiétez-vous pas.
La première chose à faire dans ces cas là est de céder à la panique, c’est ce que nous fîmes !

21 juin. Sherbrooke.

Notre drummer n’avait pas son banc de drum (dah!), départ pour Sherbrooke retardé d’une heure.

Le tromboniste repique les tounes manquantes à l’oreille dans le char (impressionnant!).

On est pris dans le traffic et des polières distribuent des tickets à ceux qui coupent la file par la droite. Avec notre courtoisie légendaire, nous avons laissé un espace béant devant nous, espace qui fut rapidemment comblé par un salopard-de-coupeur-de-merde sous les yeux attentifs de la policière et de nos rires et applaudissements bien nourris.

À partir de ce moment, nul ne doutait plus que la tournée serait excellente !

Nous avions fait un pacte suite à la dernière tournée que chacun devait écrire une chanson à répondre. Notre guitariste a fait la sienne en premier pour fouetter les troupes avant le show… ça allait à peu près comme ça :
« Allez les gars c’est l’temps d’fêter (bis)
C’est la St-Jean faut s’la pêter (bis) », etc.
Il a vomi son repas entre les deux sets.

Malgré tout, le show de ce soir là était gagné d’avance, le public de Sherbrooke est simplement délirant alors ça marché comme un train sur un rail en ligne droite.

En passant, j’ai autographié le chest d’un fan à la demande d’une de ses amies qui n’osait pas se le faire faire elle même (même quand je le lui ai proposé).

22 juin. Lac-Mégantic.

Je profite d’une « sompteuse » nuit à la Marquise de Sherbrooke et d’un léger déjeuner club-sandwich et poutine pour faire ma chanson à répondre intitulée Confort qui parle du truck, de la bouffe et des motels de tournée.

On arrive à Lac-Mégantic et le propriétaire du minuscule bar est un français qui nous annonce qu’on couche chez lui (euh…). On va faire un tour de reconnaissance avant le show : chalet avec vu sur le Lac, peau d’ours polaire devant le foyer, « Ça coûte la peau du cul » (de dire le proprio), je rigole, plusieurs chambres, vous pouvez roulez des « beuz », j’ai une vielle basse des années ’70 qui sonne la brique et utilisez-la pour le show si vous voulez… YAH !

Notre bassiste n’a pas osé accepter mais on a salement rocké la place !

À l’avant dernière toune, l’auteur de « Allez les gars c’est l’temps d’fêter (bis), C’est la St-Jean faut s’la pêter (bis) » saute par dessus son moniteur et s’arrache l’ongle l’orteil.

Normalement, j’aurais paniqué mais c’est la tournée et les moults bières et shooters aidant, on jam-de-la-mort en attendant son retour. Après quoi, le guitariste revient finir le show avec deux tounes de rappel comme un vrai pro.

Pour la danse après le show, j’ai laissé la belle blonde de l’endroit à mon saxophoniste pcq elle le trouvait vraiment beau et qu’il est timide et que leur conjoint/conjointe respectifs sont en voyage.

Je me donc suis consacré corps et âme (j’exagère mais sonne bien) à une brunette dont vous me direz des nouvelles que je préférais de loin à la blonde, soit dit entre nous.

Nous fûmes séparés en fin de soirée par mon saxophoniste au comble du désespoir (ou le contraire) m’annocant de sa voix de vierge offensée que la blonde veut venir au chalet !

  • T’inquiète, elle m’a déjà dit qu’elle retourne coucher à Sherbrooke.
  • Ouf.

J’ai fait des adieux en règle à la brunette, elle trouvait qu’on « partait déjà », elle était très chouette mais je l’ai dit et je le répète, j’ai déjà une blonde magnifique à Montréal !

23 juin. St-Fulgence.

  • Vous avez pas été chèrants dans vos demandes, de dire l’organisateur à notre arrivée. Je vous ai mis deux caisses de 24 au lieu d’une pis un buffet pour 10 personnes. Vous pourrez aller faire la sieste à l’hotel ou jouer au pool ou au ping pong en attendant le show.

Il faisait 10 degrés le soir et il y avait de la mouche noire à profusion. Petit feu d’artifice, gros feu de joie. Une belle fête !

Le pied de notre guitariste allait un peu mieux alors il a pogné le rhume… « Allez les gars c’est l’temps d’fêter (bis), C’est la St-Jean faut s’la pêter (bis) »!

Après deux shows, le tromboniste savait maintenant les tounes par coeur (impressionants!) sauf celle que j’ai coupée de moitié dans un moment d’inattention (oups).

24 juin St-Félicien.

Le VRAI GROS SYSTÈME DE SON AVEC STAGE ET CHAPITEAU GÉANT. On avait déjà travaillé avec le soundman et il est très cool. On savait déjà que ça irait bien.

On a pris un souper en compagnie d’une agréable serveuse qui donnait du fil à retordre à notre tromboniste fraîchement fiancé.

Les gens du Lac savent vraiment faire la fête et on s’est quand même fait dire que c’était le party qui avait levé le plus et attiré le plus de monde.

J’étais en petit-bonhomme en grande discussion avec une fille qui nous félicitait pour le show quand les gars ont versé de la bière dans ma craque de plombier.

Le DJ après nous a été un flop total, le pauvre, alors on est sorti dans les bars du coin.

Fait étrange, il y a environ 2 filles pour un gars au Lac et elles sont en général très jolies mais la majorité d’entre elles disparaissent sur le coup de minuit. Qu’à cela ne tienne, on a fêté entre gars avec les techs de son. L’un d’entre eux criait dans tout ce qu’il trouvait, boîte à lettre, égout, fenêtre de char ouverte, etc. On s’est bien amusé.

25 juin. Le retour.

J’avais encore les jambes molles en prenant ma douche le matin.

Déjeuner à la même place avec la même serveuse que la veille.

On a encore été pris dans le traffic en revenant. J’ai pris une tite bière et une tite marche avec mon saxophoniste au bord de la route en offrant de la « bière froide-cold beer » aux chars arrêtés.

On est arrivé en ville et après des aurevoirs chaleureux, le bassiste devait passer me porter avec le truck de location mais le tromboniste était rentré chez lui avec les clés…

Hé oui ! Une tournée c’est un peu comme un film. Un concentré de vie et d’action avec juste les moments intenses, les moments drôles et les déboires sans les journées ordinaires qui les séparent.

C’est dûr de décrire exactement l’effet que ça fait mais encore une fois, je repartirais demain!

Mister Boy, c'est un égo grand comme ÇA dans des souliers trop petits... With Great Powers come Great Catastrophies. Dernières publications : Voter stratégique contre les conservateurs, Le sang dans les voiles et Quatrième tournée. Voir tous les articles par Mister Boy

commentations

Étienne Després – 2006.07.03 2:29 AM

Ça donne le goût de se partir un band. Qui embarque ? Moi j’ai un mélodica. Enfin bientôt.

Mister Boy – 2006.07.03 3:45 PM

C’est quoi donc un mélodica?

Étienne Després – 2006.07.03 4:47 PM

Ça. Ça sonne un peu comme un accordéon, ça se traîne bien en voyage, et c’est magique.

Mister Boy – 2006.07.04 7:40 PM

Ah oui, ça.

Ben si c’est toi qui trouves les shows pour fanatiques de Mélodica, j’embarque dans ton band…

On pourrait appeller ça MÉLODICA et reprendre la typo de metallica. Ça sauverait du brainstorming et la clientèle cible est à peu près la même.

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