Je vous vois bande de pleutres ! Avachis devant vos écrans à relire vos textes, les commentations de vos textes et les commentations des commentations de vos textes. Amorphes entre un powème, une lettre de suicide et une rage de dents du Föv. N’ayant plus la force (et mourrant d’envie pourtant) de beugler : 3-2-1-ACTION !
Pendant ce temps, je suis captif dans une pièce qui peut rappeller (selon votre éducation) une église, une salle du trône ou un vieux théatre. Je suis ficellé à 6 mètres du sol sur une colonne magistrale, la dernière d’une longue longue série bordant l’allée menant à une scène. Face à moi, de l’autre côté de l’allée centrale, j’aperçois K’pa. Elle est attachée elle aussi, mais cela ne la préoccupe guère, toute occupée qu’elle est (no te preocupes, ocupa te) à roter des clous qui vont s’éparpiller 6 mètres plus bas dans un clouquetis métallique.
D’où on est, on a une vue imprenable sur la scène et, n’eut été de l’inconfort des liens nécessaires à nous y maintenir, on aurait pu vendre nos places à prix d’or. Devant nous, un spectacle rare : les frères Twins en grande dispute. Vous devez savoir qu’au même titre qu’il existe des Lebeau pas beaux, des Lebrun pas bruns, des Legros pas gros et des Leclerc pas clairs, les frères Twins ne sont pas plus jumeaux que vous et moi (ce qui n’est pas peu dire).
Le premier né est grand et il a un visage qu’on pourrait qualifier d’affable si l’on fait abstraction de sa balaffre de rateau mal cicatrisée, de sa calvitie mal cachée par quelques cheveux sales, de son menton jadis en fesses où l’on croit maintenant discerner l’empreinte des dents de son frère, de l’œil creuvé qu’il n’a pas la décence de cacher derrière un « sympathique » œil de pirate et de l’oreille noire où il a l’habitude d’éteindre le cigare qu’il a actuellement dans sa gueule… à quelques détails près, définitivement affable.
L’autre, le petit, est de beaucoup, plus effrayant. Il porte actuellement un chandail « I love Maine » à tête de loup, sur fond vert forêt, trop ample et qui dissimule entièrement ses shorts (on se prend à espérer qu’il en porte). Du bas du chandail, sortent deux pattes musclées et velues qui s’enfoncent directement dans des souliers à cap de titane. De la manche gauche pend un bras pour l’instant inerte mais que l’on devine vigoureux à ses heures à cause de la main ornée de phalanges à cap de titane également. Le poing droit quant à lui gigotte de manière furieuse sous le nez du grand frère. L’homme n’a presque pas de cou et un bison ayant sa tête livrerait fièrement bataille lors des combats nuptiaux. Sa dentition a cela de particulier qu’elle commence aux canines, en titane toujours. On ignore comment exactement les incisives on quitté leur socle mais on sait qu’elles n’y étaient déjà plus lorsque l’autre frère perdit les fesses de son menton.
La querelle n’est pas de savoir s’ils veulent nous tuer, c’est déjà décidé et ce sera fait publiquement, à titre exemplaire. Tuer Boy, ça effraie la concurrence. Non, ils veulent trouver une manière sécuritaire et efficace de le faire et ils ne s’entendent pas sur le degré de précaussions à prendre…
Le grand des Twins a peur que je leur file entre les pattes dès qu’on me déliera, j’en suis flatté.
Le petit fait étalage de son savoir en matière de torture : écartèlement, poumon d’argile, œil dans le vinaigre, rotules-cache-oreilles, auto-pédérastie, crotte su’l’cœur, poche de hockey…
J’ai de la difficulté à me concentrer.
Et K’pa qui n’en finit plus de roter des clous.
Et vous qui beuglez:ACTION!
Mister Boy, c'est un égo grand comme ÇA dans des souliers trop petits... With Great Powers come Great Catastrophies. Dernières publications : Voter stratégique contre les conservateurs, Le sang dans les voiles et Quatrième tournée. Voir tous les articles par Mister Boy
