Une fenêtre, au plafond de l’abattoir, laisse surgir le Soleil éclatant d’un jour d’été.
Les carreaux illuminent le département en entier, qui normalement est baigné d’une lumière verte de néons.
Cette lumière, ne fait pas l’unanimité.
Certains la trouve trop brillante. Elle aveugle ! Elle est totalement inutile. Fermez les rideaux !
D’autres peuvent la prendre comme prétexte à entammer une conversation sur la météo. « Il va faire beau aujourd’hui ! Ils annoncent 40°C avec le facteur humidex ». C’est parfois un début qui mène vers quelque chose, mais normalement, ça s’arrête là.
La majorité reste muette face à cette intrusion de l’extérieur. Ils s’en servent plutôt comme un immense cadran solaire. Il y a des lignes au plancher avec des heures inscrites à côté. Lorsque les carreaux de la fenêtre atteingnent la pompe : il reste 5 hres au quart de travail. Lorsqu’ils atteingnent la cuve à sang:3 hres. Et leur salut survient lorsque le troisième carreau atteint la lame métallique de la saigneuse.
Les nouveaux sont heureux d’avoir droit à un aveuglement quotidien de 15mins, pendant lequel, ils rêvent à dehors. À Autre Chose. Les plus vieux sont malheureux d’avoir droit à un aveuglement quotidien de 15mins, car, ils savent bien que dehors, qu’Autre Chose, ce n’est qu’un rêve.
- Et il y a celui-là, aux yeux limpides et grands ouverts, qui fixe le Soleil, et qui n’y voit rien d’autre qu’un symbole d’éternité…
Calissa L'avalé s'est levé un soir et s'est dit qu'il devrait changer sa notice biographique. Malheureusement, il n'y est jamais parvenu. Dernières publications : PM19, PM13 et l'insoutenable légèreté de l'asthme. Voir tous les articles par Calissa L'avalé