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Que les ennuis commencent!

par Mister Boy

"Charch’tu quekun mon beau"
Sa robe rouge pompier et son franc parler m’avais mis la pute à l’oreille. C’était probablement la personne dont j’avais besoin.

« Oui, mais pas pour moi » répondis-je en tirant sur la laisse que j’avais tenue très discrètement jusqu’à lors, ne voulant pas éveiller ses soupçons. Imaginez maintenant le visage d’une jeune travailleuse du sexe presque vierge apercevant à l’extrémité d’une laisse un superbe homme-tronc avec une muselière.

Après une série d’entrevues peu fructueuses, j’en étais presque venu à l’idée de faire cavalier seul quand vers la fin, je tombai sur quelques cadidats potables. Le premier parmi eux, cet homme-tronc avaleur de sabres fort qualifié qui, du reste, parlait très peu et semblait avoir une intelligence assez limitée. Je n’avais même pas réussi à savoir son nom mais je m’y étais attaché comme on s’attache à un animal domestique qui réussi quelques bons tours.

J’avais cependant compris assez rapidemment que je devais le tenir muselé et en laisse car le pauvre bougre avait la langue baladeuse (à défaut d’avoir des mains) et était d’une perversité extrême. C’est en désespoir de cause que je l’emmenais chez une professionnelle espérant le calmer une fois pour toutes ou m’en débarrasser à peu de frais.

Voilà donc mon énergumène en présence de cette jeune créature effarouchée, elle qui espérait avoir une nuit de rêve toutes dépenses payées avec Mister moi-même.

— Mademoiselle, je vous payerai quintuple salaire pour coucher avec mon ami.
— Quessé qui m’prouve quié pas danjereux ? Enlève-z-y ça(en parlant du masque à la « silence des agneaux »), si y mord pas, j’le prends.

Courageuse la brave fille, l’offre est honnête, j’essaie. Je démusèle mon sbire, espérant qu’il vendra sa salade du mieux possible ou que sa beauté foudroyante aura le dessus sur sa jactance. Il renifle, il écume, il salive et se lance dans envolée verbale insoupçonnée :
— Quand j’avais des bras, j’étais contrebassiste dans un orchestre et l’une de mes cousines nous jouais souvent de la pipe à coulisses durant les entractes. Vous me la rappellez, en mieux.

Ouf, pas mauvais le Tronc-Juan. Le pacte est conclu, je les attendrai patiemment à la porte de la chambre et dans une demi-heure, je saurai si la baise aura raison de la perversité de Macho-manchot-man. Je les entends de l’autre côté et il semble bien s’en tirer.

— Quesse-tu fais dans vie ? De lui demander la miss pour le mettre à l’aise.
— Avaleur de sabre.
— Ça tombe ben, moé ’si. Gloup ! (Ça parle mal mais c’est pas con.)
— AAAAhhhh ! Beugle mon tronqué.
— VROOUUUUM ! De dire je ne sais qui d’une voix très métalique.
— AAAAhhhh ! Répondent les deux autres à l’unisson.

Àààààà l’unisson, j’aurais trouvé ça beau, mais après VROOUUUUM, ça cloche ! Je me précipite sur la porte dont la serrure cède sous mon pied comme une femme sous mon (allez, pas le temps de divaguer).

Un scène pitoresque s’offre à moi à travers les restants de porte. Ils sont flambant nus, saisis et à tout jamais sosies la pute et mon gaillard. La pauvre a les bras tranchés ! Elle cri et elle pleure au dessus du bruit grinçant (dans son job, c’est très mauvais d’être amputée). Face à eux, un méchant gars énorme avec au bout des pattes, une scie mécanique (Ah, s’était ça le bruit) énorme elle aussi. Dans les mauvais film d’horreur ça fait rire mais en réalité, sans la musique et avec du vrai sang c’est assez convainquant, je dois l’admettre. Je fonce.

La scie fauche le sol sous les pieds de mon accolyte qui évite de justesse d’être cul-de-jatte (ça serait le comble). Deuxième coup, vers le sexe cette fois, visant à faire de lui un homme-tronc-sans-tronçon, un tronc tout court. Ça serait trop con, il esquive ! La scie se lève, elle vise la fille cette fois mais Popaul-Tronc s’interpose, la geule béante ! FLAFLAFLAFLA ! Je sais pas si il tiendra le coup l’avaleur de sabre avec une scie rotative dans le gosier. Il ne s’était pas rendu si loin dans les prouesses à l’entrevue. J’accélère.

La nouvelle femme-tronc se fait une vengeance avec les pieds au lieu de s’évanouir comme le ferait une fille de bonne famille. Mister : vitesse de croisière, un peu plus peut être. Le salopard extirpe sa scie de mon piteux compère et se retourne vers la dame :
— La vache ! Comment t’as pu me faire ça?!

Vitesse maximale, mon poing chauffe comme une navette spatiale à son entrée dans l’atmosphère, il s’abat sur la figure de l’autre. Mille briques par phalanges, sa tronche ne tient pas le coup. Ça craque, ça éclatte, j’ose pas regarder, j’aurais fait plus propre avec la scie… il s’effondre.

Les manchots se regardent tendrement et se font une sorte d’étreinte sans bras avant de choir sur le lit comme après l’amour, inconscients.

J’appelle une ambulance. Je fouille celui qui, si j’ai bien compris, était l’amant de la brave putite. À part les objets d’usage (clés, porte-foin, peigne en os), il a sur lui un carnet assez volumineux rempli de numéros de téléphones. 500 j’estime, tous des potes à lui ?

Un gars qui est prêt à massacre-à-la-tronçoneuser une jolie fille alors qu’elle faisait correctement son métier, ses amis ne doivent pas être très rigolards.

Dans mon for intérieur, ça crie; c’est probablement ici que les ennuis commencent!

Mister Boy, c'est un égo grand comme ÇA dans des souliers trop petits... With Great Powers come Great Catastrophies. Dernières publications : Voter stratégique contre les conservateurs, Le sang dans les voiles et Quatrième tournée. Voir tous les articles par Mister Boy

commentations

Föv Tuchte – 2005.03.14 6:05 PM

Bravo… c’est fort, vraiment.

Émilie H – 2005.03.14 6:27 PM

Je te file ma carte d’affaires..

Émilie H.
Experte en vie
Femme de confiance
22 ans d’expérience dans le domaine
Une fortune personnelle évaluée à plusieurs millions de songes

Si je peux t’être utile…

Föv Tuchte – 2005.03.14 7:43 PM

Coach de vie… ça c’est winner…

Étreinte Moyenne – 2005.03.15 2:34 AM

De l’humour sur Pochour ? Ça faisait longtemps, et merde que ça fait du bien. Enchanté, moi c’est Étreinte, mais te fait pas d’idée, boule de testo passé aux micro-ondes. Tu m’auras pas. T’écris bien, mais tu m’auras pas.

Föv – 2005.03.15 3:53 AM

Anyway Étreinte appart commenter tu fais pas grand chose… quel serait le but de t’avoir ? c’est assez décevant un ou une commentateur (trice) au lit…

Mister Boy… si tu veux, je m’excuse et j’aimerais te présenter un Pou à moi, minuscule, poilu, doté d’une bite qui a pas de bout, vraiment.

Mister Boy – 2005.03.15 6:35 PM

De l’humour?! Les aventures de Mister c’est pas de la blague, c’est du sérieux.

Pour le-p’tit-pou-poilu-à-bite-pas-d’bout, je le met dans ma poche et je le garde pour plus tard, si tu permets.

Mister Boy – 2005.03.15 6:39 PM

Pour l’experte en vie, veux-tu faire des prédictions concernant l’avenir d’un avaleur de sabre qui a mangé une scie mécanique et d’une pute amputée?

kawra pa – 2005.03.16 1:36 AM

Wow!!! Quand est-ce qu’on commence ? Enfin, une vie excitante!!!

Émilie H – 2005.03.16 1:47 AM

Si tu veux que j’te ponde la suite de ton histoire, faudra qu’tu payes chéri…

Mister Boy – 2005.03.16 6:25 AM

Prédiction : n.f. action de prédire, annoncer (un événement) comme devant se produire. Prophétie.

Pondre : v.tr. 1.(femelles ovipares) déposer, faire ses oeufs. 2. Fam. et péj. Écrire, produire une oeuvre.

Je crois qu’on se comprend mal.

Föv Tuchte – 2005.03.16 7:19 AM

Moi j’trouve qu’on se comprend bien.

Rase ta Rate – 2005.03.19 10:23 PM

MA-LA-DE. J’aime bien. J’ai beaucoup ri. Je me suis surprise à donner des coups de poings dans le vide en lisant, comme si j’étais dans le feu de l’action. J’espère vivement qu’un cracheur de clous viendra se joindre à votre ribambelle d’amis, ou d’ennemis, on sait jamais!

De Groulx – 2005.03.20 6:34 PM

Je suis long à réagir mais voilà. La fraîcheur des quelques textes que tu as écrit sous Mister boy m’ont fait voyager. Rajoute 300 pages et ça devient de l’Écume des jours de Vian, non, ça devient l’incroyable Mister boy.

Föv Tuchte – 2005.03.21 10:07 PM

Et la suite tarde à venir… tousse tousse pression pression…

Mister Boy – 2005.03.22 6:51 PM

Des activités para-pochouriennes contreviennent momentanément à ma fabuleuse création…

(Entre autres, excusez cette pub mais : Mister Boy cherche 5 1/2 pour juillet entre les métros laurier et crémazie, si par hasard vous connaissez qqun.)

Föv Tuchte – 2005.03.22 7:39 PM

Raison valable, je retire ma plainte.

Jocelyn (ketch) bissonnette – 2006.09.18 1:39 PM

Mister : Je crois que tu aurais dû être le successeur de Frédéric Dard. Son fils est nul et je regrette avoir lu un S-A écrit par lui. J’adore lire tes textes… ça fait longtemps que je me dis ça… bein bein longtemps.

Föv Tuchte – 2006.09.18 4:25 PM

Y’a en effet un lien entre les deux hommes.

Mais, Mister, au lieu d’être le fils illégitime ou le successeur de Mister Dard, pourrait simplement être lui-même, auteur de roman rocambolesco-polario-détectivien prenant et extrêmement tramé.

Parce que San Antonio Boy ça sonne pas tant…

Je n’ai pas eu le courage de lire un livre du fils de S-A, j’ai lu plusieurs, et j’insiste, plusieurs S-A original et j’ai bien trop peur d’être déçu car les mauvaise critiques pululent à son sujet.

Un jour peut-être, mais pas là.

Mister Boy – 2006.09.18 5:22 PM

Merci les gars ! Sana est irremplacable mais c’est un très chouette compliment.

C’est vrai que le fils vaut pas le père… anyways, personne peut voler les personnages de qquns et les garder crédibles.

Mister Boy – 2006.09.18 5:30 PM

J’aimerais bien écrire un roman rocambolesco-qqch. Peut-être pas un polar, mais un mélange d’absurde avec un certain souci d’écriture et une histoire qui a de l’allure.

Ou qqch de carrément sérieux mais c’est une autre histoire…

Föv Tuchte – 2006.09.18 7:16 PM

Commence par une nouvelle, sérieux, c’est un bon début. J’entends par nouvelle un truc qui fait 2 pages et plus dans Word ou 2 coups de scroll sur Pochour. T’as les personnages et l’imaginaire pour, du moins je pense.

Même que les trucs que t’as fait déjà c’est pas mal nouvelleux, t’es très bien parti…

Föv Tuchte – 2006.09.18 7:17 PM

Dans le fond, même si ça fait juste 1 page c’est correct… En autant que les filles t’aiment après.

Mister Boy – 2006.09.19 7:59 AM

Le plus simple est encore qu’elles t’aiment avant…

Jocelyn (ketch) bissonnette – 2006.09.19 11:55 AM

HAHA. Le mieux est que celles qui t’aimaient avant t’aiment encore après.

Föv Tuchte – 2006.09.19 3:20 PM

Moi j’aime mieux qu’elles m’aiment pendant. Tu changes à chaque histoire, c’est mieux…

Jocelyn (ketch) bissonnette – 2006.09.19 4:44 PM

En fait, je dis ça, mais je me retrouve toujours à aimer celles qui ne m’aiment pas…

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