N’allez pas confondre Mister Boy avec Harry Potter. Je n’ai pas l’intention de vous expliquer à chaque paragraphe qui sont les personnages et ce qu’est un match de Quiditch. Je vous suggère donc de commencer cette œuvre magistrale par le début pour en savourer toute la finesse; mais bon, si vous vous entêtez, qui puis-je ? Ça sera quand même une des meilleures choses qui vous soient arrivées. Et si ce récis ne vous donne pas envie d’en connaître le début, je m’en torche. Il y en a qui arrivent à voir de l’action dans Kamouraska; frileux ! Donnez-moi un traîneau, un cheval, des amants et un rude hiver pour voir ce que moi j’en ferais !
Donc, pour ceux qui savent de quoi il en retourne, les Troncs sont à l’hopital et ils tuent le temps comme ils peuvent… quand t’as pas de bras, tu changes pas le poste de télé et tu prends l’infirmière quand elle passe parce que la sonnette est à la tête du lit et pas au pied. Ils ne se plaignent pas trop malgré tout. Quand t’as frôlé la mort, tuer le temps c’est une forme de vengeance.
Les autres étant hors d’état de nuire, je me suis muni d’une nouvelle assistante, K’Pa. Son vrai nom c’est Kawra Pa mais on se mélange elle et moi quand on l’écrit, aussi l’ai-je gratifié de ce surnom coquet qui n’est pas sans rappeller les onnomatopées colorées qui poncuaient les baggares autrement très ordinaires du bon vieux Batman (il est fini le pauvre, mon arrivée clôt toute rumeur de retour). K’Pa semble plutôt dégourdie et fait étonnant, elle a appris à roter des clous. Vous me direz que c’est pas si exceptionnel de roter des clous; sauf que normalement, c’est comme être daltonien, tu l’as ou tu l’as pas mais tu ne l’apprends pas.
Après les événements que l’on sait, j’ai eu une semaine assez difficile. Les tentatives d’assassinats se succèdent mais ne se ressemblent pas, sauf en ce qui concerne l’aboutissement : un échec lamentable. Lundi,une serveuse m’a servi (que vouliez vous qu’elle fasse d’autre ? Sérieusement) une généreuse dose de poivre de cayenne. Elle aurait dû savoir, un Boy, ça pleure pas. Avant l’incident, j’envisageais l’inviter à ma chambre; je le lui ai dit, elle est morte de chagrin. Le lendemain, le facteur ou un quidam déguisé en (comment saurais-je si c’est l’un ou l’autre?) m’a attaqué au lance-flammes et s’est enfui alors que je me roulais par terre… le feu, ça me chatouille. Ce matin, j’ai retrouvé un gars mort électrocuté dans ma baignoire ; j’avais oublié comment je m’étais débarrasé du tueur au Roquet-Chef (un genre de robot cullinaire qui broie de la brique).
J’en ai ras le Boy de ces incidents et je suis d’humeur massacrante. Après avoir fait un croc en jambe à une moto qui oubliait de céder le passage aux piétons, j’ai jeté un jeune type de trois cent livres dans une poubelle parce qu’il tutoyais une vieille dame et j’ai tondu une lesbienne qui portait une coupe longueuil (couchez avec qui vous voulez mais de grâce, pensez aussi à votre partenaire). Finalement, je suis arrivé devant le building où loge K’Pa. Je suis venu la trouver pour avoir un coup de pouce (les Troncs ne pouvant m’être d’un grand secours à cet effet) pour me défaire de mes assaillants.
Alors que je traverse la rue, j’aperçois mon assistante étendue devant l’immeuble, inertes (au pluriel, la bâtisse et la fille)… à quoi ça rime?!! Durant le court moment de surprise causé par cette vision, un autobus se glisse sournoisement (40km/h) vers moi en sens contraire du trafic. Je me retourne pour courir mais un second bus, beaucoup moins sournois celui-là me fonce dessus. SPLAAAT (merci Batman)!!! Incroyable mais vrai, Mister lui-même, écrasé entre deux autobus.
Un autre que moi, il serait mort. C’est gros deux autobus, même pour un frame comme le mien. Ajoutez à cela la honte de voir que mes réflexes m’ont trahi… je titube tant bien que mal, je m’extirpe d’entre les pachydermes pour continuer de tituber plus à mon aise et je m’affaisse.
Des picots noirs. Les membres engourdis. Ma conscience ? Où est-elle ? J’étais pourtant certain de l’avoir avec moi… et j’entends la voix impatiente de maman Boy à la frontière de mon inconscient : « Elle est à la dernière place où tu cherches ! ».
Mister Boy, c'est un égo grand comme ÇA dans des souliers trop petits... With Great Powers come Great Catastrophies. Dernières publications : Voter stratégique contre les conservateurs, Le sang dans les voiles et Quatrième tournée. Voir tous les articles par Mister Boy
