Une boîte oubliée, sorte de débaras pour souvenirs inavoués : reliques négligées que je ne me suis pourtant pas résigné à jeter.
Des objets : un cartable bleu défiguré, inscrit d’un côté « c’est long », de l’autre « c’est plate » (ce cours-là était soit l’un, soit l’autre); des traces de Jeux Olympiques révolus (mais je n’oublirai rien d’elle); un cours d’espagnol, niveau intermédiaire, deux nymphes étaient tombées du ciel, j’ai oublié leurs noms; quelques indices d’un passé vaguement militant, mots-clés : révolution, anarchisme, chiapas.
Je ne pleure pas mais ma gorge est serrée; pourquoi ? La nostalgie est vaine mais sa puissance me dépasse. Le moi d’avant me fait face, il m’interroge et je baisse les yeux. Les marées du passé remuent des peurs et des angoisses que l’on croyait éteintes.
Les souvenirs sont d’étranges chimies.
Étienne Després se demande ce qu'il se passe. Dernières publications : Avenir de Pochour, Rapport annuel Pochour.com et Epilog (?). Voir tous les articles par Étienne Després
